Ecolo Soignies

Coup de tonnerre au Conseil Communal : la double contrainte

Jusqu’à cet instant, le conseil communal s’était déroulé tranquillement, ne laissant apparaître que quelques divergences d’opinion. La très grande majorité des points à l’ordre du jour furent votés à l’unanimité. L’assemblée était sereine et le conseil ronronnait...Nous eûmes même l’accord de la majorité qui vota en faveur d’une motion déposée par Ecolo pour fixer des objectifs de réduction des consommations d’énergie dans les bâtiments publics.

Un premier éclair apparaissait dans le ciel suite à une autre motion déposée par le groupe Ecolo afin de soutenir le projet de déploiement de « l’éolien ». Le groupe Ensemble s’ingéniait à mettre tellement de conditions de réalisation du projet que l’impression subsistait qu’il s’opposait réellement au déploiement éolien. Monsieur de Saint Moulin s’amusa à remarquer le grand écart pratiqué par le CDH entre leur position dans le gouvernement de la Région et la posture adoptée dans ce conseil. Il jubila aussi de la division de l’opposition. Cette délectation facile allait-elle alimenter les vexations futures ?

L’orage arriva. Le groupe Ensemble avait déposé une motion afin que la ville puisse doter la rue de Steenkerque de trottoirs et d’aménagements pour les piétons. La majorité répondit que ces travaux étaient prévus et que, par conséquent, il n’était pas nécessaire de voter sur ce point. Le groupe Ensemble ne l’entendait pas de cette oreille et exigeait que le vote ait lieu. Le débat s’anima au point que Monsieur Patrick Prevot sortit de ses gongs, invectiva le groupe Ensemble et, d’un grand coup de théâtre, sortit de l’assemblée. Un premier socialiste suivait, un deuxième puis tous les socialistes à la queue leu-leu. Les libéraux suivirent le mouvement. Le président constata que le quorum n’était plus atteint et le reste de l’assemblée se dilua...

A y regarder de plus près, le conseil fut jeté dans une double contrainte. « Ensemble », en réclamant le vote, espérait s’octroyer la paternité du projet, ce qui était électoralement payant. La majorité, quant à elle, ayant prévu les travaux, refusait de perdre cette paternité. Selon moi, « Ensemble » aurait dû simplement remercier la majorité que les travaux soient programmés. Leur entêtement les discrédite. L’important n’est-il pas d’être au service de la population ? L’intérêt du citoyen devrait-il être conditionné par la notoriété d’un groupe politique ?

Inversement, l’attitude de la majorité semble puérile d’autant que ce départ intempestif ne résout rien. Il faudra indubitablement trancher. Quitter de cette manière un conseil communal est aussi irrespectueux. Ce n’est pas parce que les conseillers sont en désaccord qu’il faut quitter le débat. C’est même une condition de la qualité et de la richesse de ce dernier. Et que dire du non-respect vis-à-vis des écolos qui ne s’étaient pas encore prononcés sur cet enjeu. Par ailleurs, l’exercice de la démocratie a toujours été un défi et des générations entières ont milité durement pour obtenir que le peuple soit représenté. Le motif de cette sortie tout aussi intempestive que théâtrale n’est pas fondé. C’est finalement mettre en péril les fondements de notre chère démocratie pour des raisons futiles. Dommage.

Résolument pour une démocratie durable...

B. Leclercq

Conseiller communal


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