Ecolo Soignies

Eco-quartier

Suite au projet Héris, notre groupe a réfléchi à la notion d’éco-quartier.

Au cours du XXème siècle, la ville a subi un recul de l’échelon du quartier dans la structure urbaine. Ce déclin s’est accompagné d’une recomposition du cadre de vie des citadins, dont le quotidien s’inscrit désormais à l’échelle de la commune ou du cercle des connaissances. Du point de vue d’un développement urbain durable, cette perte d’importance du rôle du quartier a un certain nombre de conséquences écologiques et sociales. L’aménagement enrubanné de ces dernières décennies a perturbé géographiquement cette notion de quartier. Malgré ce déficit croissant, il est évident que la quartier garde un rôle social et identitaire important. Il est donc nécessaire de revoir l’aménagement du territoire pour renforcer ce caractère qui permet de retrouver la notion de vivre ensemble, d’entraide, de relation intergénérationnelle. Il est aussi à noter que l’environnement, le coût sociétal et l’impact budgétaire sur les ménages ont été affectés par l’aménagement territorial des dernières décennies.µ

Face à ce constat, est apparue la notion de quartier durable, d’éco-quartier.

S’il n’existe pas de définition précise, nombreux s’accordent à le concevoir comme un quartier conciliant autant que possible :

- la réduction des consommations énergétiques
- une meilleure gestion des déplacements
- la réduction des consommations d’eau
- la limitation de la production de déchets
- la biodiversité
- la qualité éthique et écologique des matériaux de construction utilisés et du déroulement du chantier
- l’implication des habitants dès la conception du quartier et l’accompagnement tout au long de la vie de l’éco-quartier en éduquant, entre autre, les nouveaux arrivants
- la mixité socio-économique, culturelle et générationnelle
- ...

Si cette vision est très large, on peut, à partir de celle-ci et d’expériences d’éco-quartiers existants, en retirer quelques initiatives qui renforceront le caractère d’éco-quartier recherché sur le site Héris.

Pistes pour un éco-quartier

La densité d’habitat et la localisation du quartier près de transports en commun et d’un centre de vie est une condition sine qua non d’un éco-quartier. Ne cherchons pas, sous diverses pressions, à revoir celui-ci à la baisse. Essayons de convaincre des atouts et attirons des futures habitants motivés par le concept. Partir du postulat que les futures habitants auront les mêmes modes de mobilité que la moyenne actuelle est caduque et ne permet pas d’envisager le potentiel de ce type de quartier.

Un éco-quartier doit se préparer en amont du projet. Si dans le cas du site Héris, il n’est pas possible de mettre autour d’une table l’ensemble des futurs propriétaires, il serait possible d’avoir un débat sur la notion d’éco-quartier au sein de structures démocratiques (Conseil Communal, CCATM, ...) ou par un concours ou un débat citoyen sur la perception de celui-ci. Dans un premier temps, nous proposons que le promoteur, les architectes, le politique, des personnes ressources puissent débattre du sujet. Laisser une marge de manoeuvre et d’opportunité aux futurs habitants de s’approprier leur quartier doit être donnée par l’infrastructure proposée.

Un éco-quartier commence dès la conception. Promoteurs, architectes, urbanistes et bien souvent sociologues doivent étudier ensemble le projet. Durant la phase de construction, on veillera à minimiser les déchets, à utiliser des produits éthiques et écologiques. Dans le cadre du projet d’éco-quartier de Villers-le-Bouillet, une clause sociale de formation de stagiaires FOREM durant le chantier était un des critères du cahier des charges. Tout, de la forme à l’usage, doit minimiser son impact sur l’environnement : utilisation de matériaux éco-certifiés, récupération de matériaux de démolition,... Il faut promouvoir et dynamiser, dans l’avenir, l’économie sociale à travers le commerce de proximité prévu mais aussi en envisageant la livraison en gros par des épiceries ou des agriculteurs locaux.

Un éco-quartier ne peut fonctionner que si les habitants y participent et jouent le jeu. La définition du quartier et les contraintes liées doivent favoriser des propriétaires et locataires aux motivations fortes. Si la localisation du site (près du centre, d’une gare, des transports en commun,...) et la présence limitée de parking sont des atouts pour ce type de quartier ; la localisation des parkings en périphérie du quartier, ainsi qu’une zone piétonne centrale accessible par bornes automatiques aux services publics et au déchargement garantiraient à plus long terme son caractère d’éco-quartier et favoriseraient la rencontre et la sécurité des habitants. Il faut maîtriser le trafic automobile par une politique de déplacement et de stationnement qui redéfinit le rôle de la voirie. Les piétons et les cyclistes doivent être privilégiés.

La mixité sociale ne peut être acquise que si le prix d’acquisition reste raisonnable. La qualité environnementale recherchée ne peut pas nuire à l’accessibilité immobilière. C’est là que la densité et la volonté des acteurs, qu’ils soient politique ou autres, sont nécessaires.

La biodiversité a sa place dans un éco-quartier. L’absence de muret, la présence de haies et parfois l’absence de limitation visuelle de propriété favorisent le maillage écologique et social. Par exemple, sur le quartier GWL à Amsterdam, les hauteurs de haies sont limitées à 1,4 mètre sur l’espace public et 1.8 entre deux jardins privés. Cette mesure permet de conserver une certaine transparence au quartier tout en permettant une séparation des espaces.

Ce quartier est amené à avoir une longue vie. Se baser sur des coefficient énergétiques légèrement inférieurs à la norme wallonne risque rapidement d’être périmé. La notion de K doit peut-être être revue. De nombreux pays sont plus concrets et parlent de consommation de fuel par m² d’habitat. x litres / an / m² garanti à l’acheteur une consommation fixe et serait un objectif plus audacieux. A titre d’exemple, les bâtiments construits à Vauban (Friboug) doivent répondre à une norme de consommation énergétique maximale de 65Kwh/m²/an, soit 6,5 litres de fuel par m² et par an, soit 650 litres par an pour un 100 m² chauffé raisonnablement.

La possibilité de recourir pour chaque propriétaire à l’énergie solaire thermique ou photovoltaïque sera à soutenir au niveau communal mais ne pourrions-nous pas dès la construction faire profiter les logements sociaux de ce type d’infrastructure.

Le chauffage communautaire ou urbain permet des économies d’échelles. Il permet aussi de favoriser des technologies tel que la cogénération. Sans idée précise, la présence de Durobor à proximité de ce site ne permettrait-elle pas une récupération des calories perdues en phase de production ?

Favoriser les échanges intergénérationnels, sociaux nécessitent certains aménagements, certains lieux de convivialité : plaine de jeu, bancs, absence de clôture, salle de réunion, ... La présence même très proche du parc Pater ne doit pas faire oublier que certaines personnes, isolées et âgées, profiteront volontiers d’un banc peu éloigné et de leur fenêtre, à la joie des éclats de rire des enfants du quartier. Bien souvent, les parents souhaitent garder un contact visuel avec leurs enfants.

Pour favoriser le vivre ensemble, certaines infrastructures communes peuvent voir le jour : buanderies, four à pain, potagers, salles de réunions, lieux de dépôt des immondices, ...

L’absence de voitures comme "décors" urbains est un plus dans ce dossier. Des parkings souterrains, un emplacement de parcage disponible par famille est une force. Poussons la réflexion du car-sharing, d’un parking visiteur en périphérie. Que les piétons et les cyclistes soient les rois de ce nouveau quartier. Que la rue redevienne un espace de rencontres, de jeux, de convivialité.

Qui dit éco-quartier, dit aussi co-quartier. N’oublions pas l’intégration avec le communauté existante. Si ce quartier dénotera par son architecture, il faut que celle-ci fasse un appel d’air et de convivialité pour les voisins. La volonté de garder le mur de la rue des Chauffours par les riverains sera, à nos yeux, nuisible à l’intégration du site.

La présence du Parc Pater comme lieu de loisirs est un atout évident dans ce projet ; donnons la possibilité aux futurs habitants d’en profiter pleinement.


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