Ecolo Soignies

Propreté publique

Le 3 février, le Conseil Communal de Soignies votait son budget 2011 (pour info notre groupe a soutenu le budget ordinaire et s’est abstenu en ce qui concerne l’extraordinaire). Le bourgmestre a signalé ce jour-là les trois priorités de l’année 2011 :

- Voirie
- Economie d’énergie
- Propreté publique

L’état des voiries communales ne nécessite aucun commentaire. Le laisser-aller et les derniers hivers demandent un plan d’urgence. Que ces voiries en profitent pour être ouvertes aux cyclistes et aux autres moyens de mobilité.

Une politique d’économies d’énergie est en cours depuis quelques années : projets UREBA, engagement d’une conseillère en énergie, le FRCE, les actions du CPAS... Notre groupe y est très attentif et continue à faire des propositions. La lecture des comptes et des budgets communaux manquaient cruellement de lisibilité pour voir les avancées et les économies. Les coûts étaient éparpillés et les variations d’année en année faisaient un jeu de yoyo. Un tableau récapitulatif, promis depuis longtemps, a vu le jour lors du budget 2011. Il n’est pas parfait mais est un bon début. Cette lisibilité permettra à la commune de cibler les actions et de voir directement les impacts. La motivation de l’administration et des écoles en sera renforcée. A suivre...

S’il est coutume de dire "qu’il fait bon vivre à Soignies", on n’entend jamais "qu’il fait propre à Soignies" et ce n’est pas la faute du service propreté de la commune qui se décarcasse pour maintenir un état satisfaisant.

La propreté publique fait partie du quotidien des citoyens et mérite une attention toute particulière de la commune. Notre groupe avait proposé, il y a dix ans, un plan propreté sur Soignies. On y parlait déjà de la possibilité d’installer un canisiste (un premier a vu le jour près de l’Hôtel de Ville et un bilan est attendu). Mais revenons aujourd’hui sur la notion de propreté publique et les politiques envisageables.

Les besoins de propreté publique sont d’ordre hygiénique, esthétique, d’image de marque (pour les touristes) ou écologique. Pour répondre à ces besoins, la commune de Soignies aborde le sujet sous son angle de gestionnaire : on va plus nettoyer, on va plus sanctionner... et de plus de poubelles on est passé à moins de poubelles parce qu’elles devenaient le réceptacle de déchets non désirés. Le choix d’enlever certaines a-t-il été analysé par les autorités ?

Il n’y a souvent aucune réflexion ni d’actions ciblées sur les causes de la non propreté publique. On rappelle le devoir civique et on espère que la sensibilisation évoluera dans le bon sens. Force est de constater que les accotements de nos voiries sont toujours aussi envahis de canettes et autres plastiques, que les dépôts sauvages restent courants. Tout ne peut pas se faire au niveau communal mais comme le rappelait le ministre Lutgen : des outils existent et chaque commune devrait établir son plan propreté. Certaines villes sont plus "propres" que d’autres et aucune analyse statistique ne montre que les individus sont foncièrement différents.

Pour y arriver, chaque lieu, chaque comportement doit être analysé et de cet examen doit découler des actions distinctes. Une carte de la mal-propreté sur l’entité de Soignies doit voir le jour, une définition du type de comportement présent à chaque point noir et une stratégie, concertée avec les acteurs locaux si nécessaire, doit être mise en place.

Il n’y a pas de solutions miracles mais les solutions classiques s’avèrent peu efficaces. Chaque année, on récolte toujours autant de déchets. Certaines solutions s’avèrent même contre productives. installer plus de poubelles amène à devoir gérer plus de déchets sans pour autant avoir plus de propreté.

Soignies l’a compris mais a poussé, à nos yeux, l’éradication des poubelles publiques un peu trop loin. Permettons aux citoyens sensibilisés à pouvoir agir correctement. Permettons à nos enfants d’appliquer ce qu’ils apprennent chez eux et à l’école.

La première étape d’un plan propreté est un état des lieux, une carte du territoire communal avec les points noirs en y distinguant bien le type de comportement rencontré : dépose minute (dépôt sauvage), consommation nomade (canettes dans les fossé), expression (tags). Ensuite des stratégies appropriées peuvent voir le jour : fermeture, surveillance, appropriation de l’endroit (banc, plaine de jeux), lieux d’expression où les tags peuvent s’épanouir, surfaces anti-tags, poubelles type boîtes aux lettres, amendes, poubelles sous la responsabilité du commerçant (sandwicherie), bâchage des camions (IDEA et commune) ... et à un autre niveau de compétence : peines alternatives de réparation ou caution sur les canettes, ... et au niveau du changement de comportement : sensibilisation, nettoyage citoyen...

L’appropriation la plus délicate concerne les accotements des routes. Ceux-ci semblent abandonnés. La plupart des déchets à ces endroits sont issus de la consommation nomade : canettes, bouteilles en plastique, papier ou plastique d’emballage et vidange de poubelles de voiture.

Lorsque toutes les solutions ont été analysées alors on peut envisager le nettoyage ; le nettoyage des salissures naturelles mais aussi celles des incivilités.

Les agents de propreté ont l’impression de faire un travail inutile, répétitif et d’être impuissants face aux comportements d’incivilité. Ayons une réflexion pour qu’ils se sentent accompagnés dans leur travail quotidien, oh combien utile pour la qualité de vie de nos concitoyens.

Nous souhaitons aussi émettre une autre réflexion. La politique du coût-vérité ne permet plus aux communes de faire des actions de sensibilisation sans devoir automatiquement répercuter le coût vers le citoyen ; et cela avant même que les effets positifs de la campagne puissent revenir.

La propreté publique prendra du temps mais s’y atteler est un bon début.

Bibliographie : "La propreté publique : bien plus que du nettoyage" Hadelin de Beer Dec 2010 Etopia


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